À 25 minutes du rêve…

Nouvelle année, nouveau chapitre pour BMW

L’hiver 2024-2025 a marqué un tournant décisif pour le BMW Motorrad World Endurance Team #37.
Nouveau souffle, nouveaux partenaires, nouvelle organisation. Avec l’arrivée d’Öhlins pour les suspensions, de Bridgestone pour les pneumatiques, et une restructuration profonde, l’équipe entamait la saison sous le signe du renouveau.

Ainsi, le pilote Sud Africain Steven Odendaal rejoint les experimentés Markus Reiterberger et Sylvain Guintoli, Hannes Soomer est le pilote de réserve lors des courses de 24h.

C’est également l’année d’une restructuration technique avec 3 nouveaux mécaniciens, un nouveau crew chief, deux ingénieurs supplémentaires pour le chassis et l’électronique, symbole d’un projet ambitieux et d’une volonté d’élever encore le niveau d’exigence.

« Nous avions les outils, les talents et la motivation. Restait à faire naître la cohésion. »

Les essais hivernaux, entre Jerez et Valencia, ont permis d’évaluer le potentiel de la BMW M1000RR dans cette nouvelle configuration.
Les ingénieurs Öhlins ont apporté une nouvelle dimension dans le travail du châssis, tandis que l’adaptation aux pneus Bridgestone a nécessité un apprentissage minutieux. Trouver la bonne fenêtre d’utilisation de chaque spec, comprendre la dégradation, jouer avec les réglages châssis pour optimiser leur performance : autant de défis qui ont façonné la base du projet 2025.

Peu à peu, l’alchimie s’est mise en place. Les pilotes ont trouvé confiance, les mécaniciens ont pris le rythme à force de travail, et l’équipe s’est soudée autour d’une ambition claire : jouer le titre mondial.

24 Heures du Mans – La pluie comme juge de paix

La saison s’ouvrait sur le temple de l’endurance : Le Mans.


Les 24 Heures 2025 resteront dans les mémoires comme l’une des éditions les plus piégeuses de ces dernières années, avec un nombre record de chutes. Les températures fraîches et la piste changeante ont rendu chaque relais incertain.

Dès les premières heures, l’objectif a été clair : tenir, coûte que coûte.
La BMW #37 a connu ses frayeurs, et pas moins de 3 chutes dont 2 necessitant de lourdes interventions de la part des mécaniciens, mais la machine a toujours retrouvé la piste.

« C’est dans ces moments-là qu’on mesure la force d’un collectif. Malgré les conditions, personne n’a paniqué. »

Ravitaillements millimétrés, relais solides, décisions stratégiques à la mesure de l’enjeu : la #37 a traversé la tempête sans plier.
Pas de victoire, mais une performance d’ensemble serieuse et une 4ème place malgré les chutes, démontrant le haut potentiel du millésime 2025.

8 Heures de Spa – Rouler sur l’eau

À Spa, la météo a une personnalité propre.
Et cette année, elle a imposé sa loi. Des averses soudaines, des fenêtres sèches imprévisibles : la course a été dictée par la pluie, transformant chaque relais en pari stratégique.

L’équipe technique, en lien permanent avec les ingénieurs Bridgestone, a pris des décisions au tour près. Entre slicks et pluies, les changements se sont enchaînés avec une précision chirurgicale.

« Nous avons choisi la régularité à la prise de risque. En endurance, c’est en restant sur les roues que l’on remporte des titres. »

Le pari a payé. La BMW #37 a terminé 2ème du classement, marquant des points précieux pour le championnat et confirmant la solidité de son nouveau package technique.

Spa a été un succès en contrôle et en maîtrise.

8 Heures de Suzuka – Le rêve japonais en point de mire

Les Suzuka 8 Hours est une course mythique, surtout pour une marque comme BMW, profondément respectée au Japon. Tout comme Michael Van Der Mark, multiples vainqueurs en terres nippones, qui remplaçait Sylvain Guintoli pour l’occasion.
Tout semblait réuni pour briller dans des conditions de chaleurs extremes : rythme compétitif, réglages parfaits, confiance en augmentation constante.

Mais la course a rappelé sa dureté.
Une casse improbable en milieu d’épreuve a ruiné les espoirs de podium, sans conséquence physique, mais avec un lourd impact moral.
Les mécaniciens ont été irréprochables; ils ont réparé, relancé, et permis à l’équipe de terminer 5ème et de sauver des points importants pour le championnat.

« À Suzuka, la moindre erreur se paie cash. Nous avons perdu un podium, mais pas nos ambitions. »

Cette étape, bien qu’n partie frustrante, a renforcé le mental du groupe. Elle a rappelé à tous que la clé du succès réside dans la capacité à se relever, d’autant qu’au classement général, la #37 résidait en seconde position à seulement 1 point du leader.

Bol d’Or – 25 minutes de trop

Le Bol d’Or 2025, sur le Circuit Paul Ricard, devait être l’apothéose. Et pendant 23 heures et 33 minutes, il l’a été.

La BMW #37 s’est imposée dès le départ parmi les prétendantes au titre.
Relais impeccables, arrêts parfaits, stratégie de consommation d’essence sans faille : la M1000RR filait vers le titre mondial.
Dans le stand, les visages étaient tendus mais confiants. À huit heures de la fin, les calculs étaient clairs : le titre était dans nos mains.

Mais l’endurance n’a pas de cœur.
À 25 minutes du drapeau à damier, une panne mécanique a réduit à néant tout espoir.
Le moteur a ralenti, la moto s’est arrêtée. Et dans le box, un silence lourd est tombé.

« On ne perd pas un titre sur une erreur. On le perd parce qu’on a osé aller le chercher. Nous gardons la tête haute»

Le rêve s’est envolé dans la dernière demi-heure.
Mais au-delà de la douleur, une certitude est restée : celle d’avoir été à la hauteur du championnat.

Une saison gravée dans la mémoire

La saison 2025 restera comme l’une des plus fortes de l’histoire du BMW Motorrad World Endurance Team.
Sportivement, la M1000RR a prouvé qu’elle pouvait se battre pour la victoire sur tous les terrains.
Techniquement, l’alliance avec Öhlins et Bridgestone a été un succès. Humainement, l’équipe a grandi. Ensemble.

« On ne bâtit pas une équipe sur des victoires faciles. On la construit dans la douleur, la fatigue et la solidarité. »

Perdre un titre mondial à quelques minutes de la fin, c’est une blessure. Mais c’est aussi une promesse.
Celle d’une équipe qui n’abandonne jamais, d’un projet qui continue de grandir, et d’une histoire qui ne fait que commencer.

Romain LA MONICA, Crew Chief BMW Motorrad World Endurance Team

« Quelle saison… Particulière, d’un point de vue personnel, avec une nomination au poste de responsable technique, qui pour être honnête, n’a pas été très difficile d’adaptation compte tenu de l’excellent travail effectué par Steven Casaer, en poste les années précédentes.
Je me souviens, dès les essais hivernaux, souhaiter une première course tranquille pour prendre ce nouveau poste au sein de cette équipe que je connaissais déjà très bien puisque j’y officiais en tant qu’ingénieur datas depuis 2020. Le moins que l’on puisse dire c’est que Le Mans n’étais pas de tout repos ! Nous avons connu 3 chutes, mais malgré cela nous échouons au pied du podium.

Au final, cette course reste un bon souvenir puisqu’elle a lancé la saison dans la douleur, et nous avons pu créer une cohésion dans une équipe fortement remaniée par rapport à la saison précédente.

Ensuite nous avons su être compétitifs à Spa, Suzuka et au Bol D’Or avec un seul objectif : Le titre de Champion du Monde d’Endurance. Malheureusement, le sort en a décidé autrement mais nous reviendrons encore plus forts en 2026, sans aucun doute.

Je tiens à remercier toute l’équipe, car cela a été une fierté de travailler avec chacun de ses membres tout au long de  l’année. »